Shiatsu Yoseido

Yo Sei Do - Shiatsu academy - Bruxelles
Souvenirs de deux maîtres de shiatsu

Souvenirs de deux maîtres de shiatsu

Souvenirs de deux maîtres de shiatsu

 

Quand j’étudiais à l’école de Nippon Shiatsu en avril 1964, deux maîtres de shiatsu m’ont profondément marqué. C’étaient Shizuto Masunaga et Tadashi Izawa. Masanuga sensei était un très bon pédagogue. Lorsqu’il exprimait ses idées, il arrivait à captiver son auditoire, même lorsqu’il s’agissait de sujets très pointus, du niveau des études universitaires en philosophie.

A son premier cours, il demandait à ses élèves d’écrire quelle était la pensée qui avait vraiment marqué leur vie, et pourquoi. J’étais jeune, je n’avais pas beaucoup d’expérience, mais j’ai écris tout ce que je pensais. Masanuga sensei avait étudié la psychologie du gestalt à l’université de Kyoto. Il était donc très bien informé, à la fois de la pensée occidentale et de la pensée orientale. Par la pensée du Gestalt, on peut assembler différentes informations parcellaires pour obtenir une vision globale.

C’est également en réfléchissant ainsi qu’à partir de petites informations, on peut avoir la vision globale d’un problème ou d’une maladie. Dans le monde partagé entre les concepts yin et yang, il mettait l’importance sur ce qui est invisible, caché, c’est à dire le monde de yin ou spécifiquement le monde de kyo. Il était très doué pour l’écriture, et d’ailleurs il nous disait volontiers qu’il aurait aimé être rédacteur en chef, ou écrire dans des revues littéraires. Mais comme ses parents faisaient du shiatsu, il a fini par devenir lui aussi un praticien de shiatsu. Sensei Izawa était quelqu’un de très différent. Ce n’était pas un très bon pédagogue, et souvent ses élèves s’endormaient pendant ses cours. Mais il pouvait lire les textes anciens originaux de la médecine traditionnelle chinoise.

C’était d’ailleurs lui qui avait permis à Masanuga sensei de découvrir ce monde de médecine traditionnelle chinoise. Tous deux avaient un grand respect l’un pour l’autre. Masanuga sensei a d’ailleurs rédigé une chaleureuse introduction dans le livre Anpukuzukai et la thérapie de shiatsu, écrit par Izawa sensei. Durant les cours, Ezawa sensei est tombé régulièrement malade à cause d’ulcères chroniques, il fut donc souvent absent. Tokujiro Namikoshi, le fondateur de shiatsu, lui a fait régulièrement des shiatsu du ventre, mais finalement on a quand-même du l’opérer de l’estomac, qu’on lui a pratiquement complètement enlevé. Suite a cela, il est resté dans une longue période de convalescence. Je n’ai donc pu bénéficier de son précieux enseignement que pendant une année. Son apport de la médecine traditionnelle chinoise à été très important, non seulement pour

l’école de Nippon shiatsu, mais également pour tout le monde du shiatsu. Contrairement à l’acupuncture, le monde du shiatsu manquait cruellement de l’aspect théorique de la médecine orientale. Des personnages comme Masanuga sensei et Izawa sensei ont donc été extrêmement importants. Malheureusement, peu après son opération, Izawa sensei est décédé, et ce fut le tour de Masanuga sensei, à l’âge de 57 ans en 1981. Masanuga sensei a écrit de nombreux ouvrages, mais celui sur les méridiens de shiatsu est vraiment celui qui est au cœur de sa pensée et de sa pratique de shiatsu. De nombreuses informations circulant dans les livres de Zen shiatsu proviennent du livre des méridiens de shiatsu.

L’année 1964 a vu un tournant pour le Japon. C’était l’année des Jeux olympiques de Tokyo, le fameux « bullet-train » a commencé à rouler. C’était une année où l’optimisme au Japon était très fort. C’est aussi une année où le shiatsu a commencé à influencer différents secteurs de la société, de plus en plus de talentueux jeunes-gens ont commencé à apprendre le shiatsu, et des étrangers sont aussi venus pour l’apprendre. Aujourd’hui l’école de shiatsu est dominée par des jeunes étudiants, qui veulent l’apprendre pour aider les gens qui ont des problèmes de santé. Il en va de même, ici à Bruxelles, dans mon école où de plus en plus de jeunes-gens veulent l’apprendre. Ne fut ce que par des étudiants en médecine, qui veulent compléter leur formation par le toucher chaleureux des mains.